Six mois à la mairie : Avi Salma fixe le cap
Photo : Ran Eliyahu
Six mois après son élection à la tête de la municipalité, Avi Salma revient sur les réalisations accomplies jusqu’à présent et sur ses projets pour l’avenir : la transformation du centre-ville en cœur battant de Netanya, l’attention portée aux jeunes et aux adolescents, le développement de l’éducation, des transports et des services aux habitants, ses relations avec l’opposition ainsi que le prix personnel qu’il paie pour exercer ses fonctions : « Je ne dors plus depuis mon entrée en fonction. »
Six mois se sont écoulés depuis l’élection d’Avi Salma à la tête de la municipalité de Netanya. Depuis, il a dû faire face à une guerre, mener des changements au sein de l’administration municipale et annoncer une série de nouvelles initiatives. Dans une interview exclusive accordée à Netanya Net, il revient sur tous ces sujets : « Je suis engagé envers la ville 24 heures sur 24 », affirme-t-il.
Avi Salma, 44 ans, marié à Maayan et père d’Oriya et Itamar, est natif de Netanya. Économiste de profession, ancien membre du conseil municipal, il est maire de la ville depuis janvier 2026.
Lorsque nous lui demandons de dresser le bilan de ses six premiers mois de mandat, Salma commence par évoquer le changement de culture organisationnelle au sein de la municipalité, avant même de parler de projets ou de budgets.
« Ce dont je suis le plus fier, c’est de la manière dont nous avons réussi à faire face à la période de guerre tout en permettant à l’administration municipale de s’adapter et d’apprendre rapidement. D’un côté, il fallait mettre en œuvre des changements profonds ; de l’autre, insuffler une nouvelle énergie à l’ensemble du système, avec la conviction que la municipalité est avant tout un organisme de service dont la mission est de servir les habitants.
Nous n’avons pas encore achevé tous les processus. Nous sommes en pleine transformation. Nous avons investi massivement dans l’éducation et dans le lien direct avec les directeurs d’établissements scolaires, et nous continuerons à le faire. »
Salma souligne également l’ouverture de « Ville de la Jeunesse » tout au long des vacances d’été, un projet qui, selon lui, va bien au-delà d’une simple animation estivale.
« Ce n’est pas seulement une activité de loisirs. Notre objectif est d’offrir aux jeunes un cadre porteur de valeurs, de prévenir l’ennui, de renforcer leur sentiment d’appartenance et, en parallèle, de préserver l’ordre public grâce au travail conjoint des animateurs de jeunesse, des inspecteurs municipaux et de la police. »
Salma reconnaît que, malgré ses huit années passées au conseil municipal, la réalité qu’il a découverte en prenant ses fonctions était bien différente de ce qu’il imaginait.
« Je ne savais pas à quel point le manque d’organisation et de coordination était important, notamment entre les différents services municipaux. Réunir tous ces organismes autour d’un fonctionnement commun représente un immense défi, mais c’est précisément la mission que je me suis fixée.
J’ai suspendu les plans de transport existants afin de les repenser entièrement. J’ai découvert des pistes cyclables sans réelle utilité dans le centre et le nord de la ville, ce qui révélait des lacunes importantes dans la planification des transports, malgré près d’un milliard de shekels investis par le ministère des Transports à Netanya ces dernières années. »
Selon lui, la municipalité travaille actuellement à la création d’un nouveau réseau de transport qui reliera le sud de la ville à son centre, tout en accordant la priorité aux transports publics.
« Il s’agit d’un projet qui s’étalera sur plusieurs années, mais qui apportera une réponse beaucoup plus profonde et durable aux besoins de mobilité de la ville. »
Parallèlement, plusieurs autres projets sont en cours, notamment l’ouverture complète de l’échangeur Einstein, l’ouverture de la liaison au carrefour Havatselet, la promotion d’une troisième gare ferroviaire à proximité du stade, la création d’une connexion directe entre la route 57 et l’autoroute 6, ainsi que le retour des taxis collectifs.
« Avant leur disparition, les taxis collectifs transportaient environ 12 000 passagers par jour », souligne Salma. « Nous travaillons avec le ministère des Transports afin de les remettre en service. »
Il est important pour nous de connaître votre position concernant la demande d’ajout d’environ 200 logements dans le complexe hôtelier de la plage de Poleg.
Sur ce sujet, Salma répond sans la moindre ambiguïté :
« Je n’ai pas l’intention d’autoriser la construction de logements au sein des complexes hôteliers. Il s’agit d’une zone touristique et elle doit le rester. Cela dit, je tiens à préciser qu’aucune demande officielle n’a été déposée auprès de la municipalité.
Certaines personnes alimentent le débat de manière populiste, mais notre responsabilité est de gérer ces questions de façon professionnelle. Le transfert des compétences de la commission locale vers la commission régionale pourrait causer des dommages irréversibles ; il faut donc agir avec prudence. »
Pourquoi est-il si difficile et si long d’obtenir un permis de construire auprès de la direction de l’ingénierie municipale ?
Salma reconnaît les difficultés existantes :
« Nous menons actuellement une réforme profonde au sein de la direction de l’ingénierie. Le manque de personnel affecte considérablement la qualité du service. Nous travaillons à recruter davantage d’employés et à renforcer les équipes. Ce sont des processus qui prennent du temps, mais ils sont déjà en cours. »
** Des habitants de tous les quartiers se plaignent du niveau de propreté dans les rues. Comment comptez-vous améliorer la situation ?
« Nous sommes en pleine révolution dans ce domaine. Nous avons investi plusieurs millions de shekels dans le renforcement du dispositif de nettoyage, ajouté une nouvelle équipe de nettoyage en journée et lancé une vaste campagne de sensibilisation.
Cependant, il est important de souligner que la responsabilité est partagée entre la municipalité et les habitants. Nous fournirons tous les moyens nécessaires, mais les résidents doivent également assumer leur part de responsabilité. Nous ne permettrons pas à une petite minorité de salir la ville pour tout le monde. Il y aura une tolérance zéro envers ceux qui dégradent l’espace public. »
La ville est confrontée à des actes de violence impliquant des jeunes, mais aussi à une hausse de la violence en général. Comment comptez-vous faire face à ce phénomène ?
« Nous travaillons en étroite coopération avec la police israélienne. Nous avons encore des postes vacants parmi les inspecteurs municipaux et nous sommes en train de les pourvoir.
Au final, nous ne permettrons à personne de troubler l’ordre public. La qualité de vie des habitants commence par leur sentiment de sécurité. »
Q Quel est votre principal objectif pour le système éducatif ?
Salma présente l’une de ses initiatives majeures :
« Dès la prochaine rentrée scolaire, chaque élève, du primaire jusqu’au lycée, bénéficiera d’au moins une heure hebdomadaire d’activité extrascolaire, qu’il s’agisse de sport ou d’un autre domaine éducatif.
Il faut comprendre que nos enfants vivent dans un monde différent. L’intelligence artificielle change les règles du jeu. Notre rôle n’est plus seulement d’enseigner des connaissances, mais aussi de développer les compétences sociales, la curiosité et l’ouverture à de nouveaux centres d’intérêt. »
Très attaché à l’éducation spécialisée, il souligne également les investissements réalisés dans ce secteur :
« Je suis le père d’un enfant scolarisé dans l’enseignement spécialisé. C’est un domaine qui me tient particulièrement à cœur et dans lequel j’investis beaucoup de ressources.
Nous consacrons près de 100 millions de shekels par an au transport des élèves, alors que seulement 30 % de cette somme sont financés par l’État. C’est un sujet pour lequel je compte me battre.
Cette année, nous ouvrons cinq jardins d’enfants spécialisés et, pour la première fois, une nouvelle école destinée aux enfants présentant des troubles de la communication. Je ferai tout mon possible pour fournir les réponses nécessaires dans ce domaine essentiel. »
Quelles promesses électorales avez-vous déjà tenues et sur quoi travaillez-vous actuellement ?
Après six mois à son poste, Salma estime que certains changements promis pendant la campagne sont déjà visibles.
La première promesse concerne la revitalisation du centre-ville et de la Place de l’Indépendance :
« Après des années d’inaction, nous avons démoli les bâtiments dangereux de la place qui avaient été endommagés par l’explosion de gaz. Nous avons également augmenté le nombre d’événements afin de faire revenir les habitants au centre-ville.
“Ville de la Jeunesse” fait partie de cette vision. L’année prochaine marquera une nouvelle étape importante : nous rouvrirons l’amphithéâtre, qui accueillera à nouveau de grands spectacles. Je veux que le centre-ville redevienne le principal lieu de loisirs de Netanya. »
La seconde promesse concerne l’amélioration du service aux habitants grâce à une nouvelle structure qu’il a créée : la « Brigade du Maire ».
« Cette unité municipale prendra en charge toute demande qui n’aura pas été traitée dans un délai de 24 heures ou qui n’aura pas reçu une réponse satisfaisante.
Au-delà de la résolution du problème, elle analysera les raisons de son apparition afin d’éviter qu’il ne se reproduise. »
Cette unité examinera également les anciens rapports d’audit :
« Lorsque je présidais la commission d’audit, j’ai vu des rapports signalant des dysfonctionnements, mais malheureusement leurs recommandations n’étaient pas toujours appliquées. Nous avons découvert des procédures qui n’avaient pas été mises à jour depuis près de vingt ans. La Brigade du Maire analysera chaque défaillance et veillera à ce que le système en tire les leçons. »
Comment définiriez-vous vos relations avec l’opposition ?
Ancien président de l’opposition municipale pendant plusieurs années, Salma affirme apprécier les critiques lorsqu’elles sont constructives.
« Lorsque les membres de l’opposition ont soulevé des sujets légitimes au conseil municipal, non seulement je les ai écoutés, mais je les ai aussi remerciés et, lorsque cela était justifié, j’ai retiré certains points de l’ordre du jour.
Je crois profondément à l’importance d’une opposition forte et d’une critique constructive. J’ai moi-même occupé ce rôle pendant des années.
Malheureusement, certains choisissent la voie de l’incitation, de la division et parfois même du harcèlement personnel des employés municipaux. Je ne pense pas que ce soit la bonne méthode.
La responsabilité publique nous oblige à distinguer les élus des employés municipaux. Je dirige cette administration et j’accepte toute critique qui m’est adressée, mais les employés municipaux ne sont pas des responsables politiques. Ils viennent chaque matin travailler au service des habitants, et il n’y a aucune raison qu’eux ou leurs familles soient personnellement pris pour cible. »
Comment dormez-vous depuis votre entrée en fonction ?
Salma sourit :
« Je ne dors plus depuis mon entrée en fonction.
Mes journées commencent très tôt et se terminent très tard. Mon engagement envers la ville est de 24 heures sur 24. Il n’y a pratiquement ni jour ni nuit. J’essaie surtout de me reposer le week-end afin de passer un peu de temps avec ma famille. »
: Y a-t-il eu un moment où vous vous êtes dit : “Je n’imaginais pas que ce serait ainsi” ?
« Je pensais que l’intensité du travail diminuerait avec le temps, mais je comprends aujourd’hui que je devrai continuer à travailler au même rythme au cours de l’année à venir.
Malgré les difficultés, je tiens à saluer l’équipe qui m’entoure : nous avons d’excellents employés, des adjoints au maire et des conseillers municipaux très engagés. Je suis convaincu que dans un an, nous serons dans une situation complètement différente. »
Quelle a été la décision la plus difficile que vous ayez prise jusqu’à présent ?
Sans hésiter, Salma revient aux jours de l’opération « Rugissement du Lion » :
« La décision de ne pas ouvrir les écoles a été la plus difficile de toutes. Même si j’étais convaincu qu’elle était juste, elle n’a pas été facile à prendre.
Je savais qu’il s’agissait de la bonne décision pour la sécurité des habitants, mais il m’était difficile de voir les enfants rester à la maison, éloignés de leurs amis et risquant de prendre du retard sur les plans scolaire et social. »
À la fin de votre mandat, pour quelle raison aimeriez-vous que les habitants de Netanya se souviennent de vous ?
« J’aimerais que les habitants ressentent rapidement une amélioration réelle des services qu’ils reçoivent : plus de qualité, plus de rapidité et davantage de professionnalisme.
C’est précisément pour cela que nous avons créé la Brigade du Maire.
Parallèlement, il est essentiel pour moi de faire progresser l’éducation et les infrastructures, que j’ai définies comme des priorités majeures de ce mandat.
Je travaille déjà sur le budget 2027 afin qu’il reflète nos priorités et notre vision pour l’avenir de Netanya. »
Et dans trois ans, comment saurez-vous que vous avez réussi ?
« Je crois que les habitants descendront simplement de chez eux et verront le changement de leurs propres yeux.
Si un résident sent que la ville est plus propre, que les services sont plus rapides, que ses enfants bénéficient d’une meilleure éducation et que les rues sont plus sûres, alors nous saurons que nous avons accompli notre mission.
Le succès ne se mesure ni aux slogans ni aux gros titres. »