Soupçons de discrimination dans une école de Netanya Illustration | Pexels

L’association « Lobby du Million » exige l’intervention du ministère de l’Éducation à la suite de plaintes de parents d’élèves russophones dans une école de Netanya — suspensions, intervention de la police et craintes d’atteinte aux droits d’un élève de 15 ans en détresse psychologique 

L’association « Lobby du Million », qui œuvre pour la promotion des droits et des besoins des Israéliens originaires des pays de l’ex-Union soviétique, a récemment saisi le ministère de l’Éducation afin de demander une intervention urgente dans le cas d’un élève de 15 ans scolarisé dans une école de Netanya. Cette démarche fait suite aux accusations formulées par les parents et par l’association concernant des soupçons de discrimination, d’atteinte aux droits des élèves et de procédures disciplinaires menées sans base probante suffisante.

Selon la plainte, deux graves actes de vandalisme se sont produits au sein de l’établissement au cours des derniers mois. Dans le premier cas, à la suite de la dégradation des toilettes des filles, huit élèves — toutes russophones — ont été accusées sans qu’une enquête individuelle ne soit menée. Dans un autre incident, au cours duquel du matériel a été endommagé et des chaises ont été lancées, trois élèves ont été mis en cause, dont l’adolescent au cœur de cette affaire, alors que ses parents affirment qu’il n’y était pas impliqué.

À la suite de ces événements, la police a été appelée à l’école, des suspensions de cinq à dix jours ont été prononcées, et une commission chargée d’examiner une éventuelle exclusion des élèves doit prochainement se réunir — cela, selon les parents, sans preuves directes, uniquement en raison de leur présence dans la zone concernée pendant la récréation.

Dans sa lettre au ministère de l’Éducation, la directrice générale du « Lobby du Million », Alex Rif, écrit :
« L’autorité éducative est tenue de garantir une procédure d’examen correcte, transparente et équitable. Lorsque tous les élèves sanctionnés sont russophones et qu’aucune preuve claire n’est présentée, un soupçon réel de discrimination fondée sur l’origine et la langue se fait jour. »

Il est également allégué que, lors des auditions, aucun interprète n’a été mis à la disposition des parents et que la professeure principale n’a assuré qu’une traduction partielle. En outre, selon les parents, la direction de l’école leur a demandé de prendre en charge les frais de réparation des dommages, sans qu’un lien entre leurs enfants et les actes de vandalisme n’ait été établi.

L’adolescent au centre de l’affaire, qui souffre d’une maladie chronique, se trouve, selon sa famille, dans un état de détresse psychologique sévère. À la suite des accusations et de la menace d’exclusion, son état s’est détérioré et il n’est plus en mesure de reprendre sa scolarité. La demande de la famille visant à le transférer dans un autre établissement a été rejetée.

Le « Lobby du Million » a demandé au ministère de l’Éducation, entre autres, d’ouvrir une enquête urgente sur la conduite de la direction de l’école, de garantir une commission disciplinaire équitable dans une langue comprise par les parents, d’examiner les soupçons de discrimination et d’autoriser le transfert temporaire de l’élève vers un autre établissement jusqu’à la fin de l’enquête.

Réponse de la municipalité

La municipalité de Netanya, au nom de la direction de l’école, a rejeté les accusations :
« L’école accorde une importance primordiale à la création d’un environnement éducatif sûr et protégé. Les cas mentionnés ont été examinés uniquement sur la base de preuves, dans le cadre de procédures ordonnées, avec le respect du droit à l’audition et une stricte préservation des droits des élèves et de leurs parents. »

Il a également été précisé que toutes les procédures ont été menées de manière professionnelle et équitable, sans distinction d’origine ou de langue, et que les sanctions, lorsqu’elles ont été appliquées, étaient proportionnées et conformes aux directives du ministère de l’Éducation.

Réponse du ministère de l’Éducation

La direction de l’école rejette les accusations de discrimination ou d’atteinte aux droits des élèves. Selon elle,
« toutes les mesures prises l’ont été dans le respect de la dignité et des droits des élèves concernés ».
Il a en outre été indiqué que l’examen des incidents s’est appuyé sur les caméras de surveillance de l’école et qu’un interprète mandaté par l’établissement était présent afin de garantir une procédure équitable et transparente.